Et d’où viens-tu toi
l’étranger
T’as un accent qu’est périmé
Tu t’es perdu de ta maison
Ou tu es tombé d’un avion
Tu es bronzé bien plus qu’assez
Chez toi ça doit vachement chauffer
Mets donc une laine il fait frisquet
Tu serais malade ce serait le bouquet
Salut à toi le résidant
De ton pays que tu défends
Je voudrais bien me présenter
Mais ça pourrait te faire jaser
Je ne voudrais pas t’offenser
Mais sur mes terres t’es implanté
Tu n’avais pas ouvert les yeux
Que j’la cultivais comme mes aïeux
Ni ciel ni terre n’ont de couleurs
Que si l’on veut les voir ainsi
Ni air ni eau n’auront d’odeurs
Que si l’on pollue sans rancœur
Tu dois vraiment avoir chauffé
Veux-tu une glace pour te regarder
Ou un cerveau pour te rappeler
De quel pays tu t’es barré
Dans mon pays on est tous blancs
Excuse moi donc mais là vraiment
J’crois que si cette terre était la tienne
On serait tous noirs comme l’ébène
Si la couleur est un pays
Je dirais que le tien est gris
De ces propos de gros prolos
Que tu peux te coller sous le paletot
J’ai la couleur de ton pays
Car j’y suis né et je vis ici
Ni ciel ni terre n’ont de couleurs
Que si l’on veut les voir ainsi
Ni air ni eau n’auront d’odeurs
Que si l’on pollue sans rancœur
Allez vas-y dit pas de conneries
T’es pas français t’es pas d’ici
On t’a ramené quand t’étais petit
On t’a rien dit que t’es pas d’ennuis
Crois tu que la couleur fait l’homme
Et qu’elle te donne le droit de juger
Si je comprends tout bien en somme
Aucun blanc ne serait étranger
Si ton racisme et ton fascisme
Sont à hauteur de tes pensées
Au troisième Reich ce serait pas triste
De t’avoir eu comme officier
Ni ciel ni terre n’ont de couleurs
Que si l’on veut les voir ainsi
Ni air ni eau n’auront d’odeurs
Que si l’on pollue sans rancœur
Couleur de peau couleur de cœur
Qu’on soit d’Afrique ou bien d’ailleurs
Laissons à Dieu seul de juger
Ce qui est bon ou bien mauvais
Lgilles
|